Post-partum à Istanbul


Post-partum à Istanbul

Y aurait-il des romans pour hommes et d’autres pour femmes ?

J’y repensais l’autre jour en lisant Lait noir (Siyah Süt, traduit du turc par Valérie Gay-Aksoy, 339 pages, 22 euros, Phébus). La stambouliote Elif Shafak y fait la chronique de la société dans laquelle elle vit à travers les cas de conscience de ces femmes qui se veulent à la fois mères et artistes. George Steiner a écrit à ce sujet quelques pages dans Réelles présences. Les arts du sens qui firent scandale en 1991. Il y soutenait que le monopole masculin dans les arts, la littérature et surtout la composition musicale n’était pas le résultat de l’asservissement domestique, de l’oppression phallocratique ou des conditions socio-historiques mais bien d’autre chose :”La capacité biologique de procréer, d’engendrer la vie qui est le propre de la femme, n’est-elle pas de quelque façon, à un niveau absolument essentiel à l’être de la femme, tellement créatrice, tellement épanouissante, qu’en comparaison, la création de personnes fictives qui est la matière même du drame et des arts plastiques, en pâlisse ?” On s’en doute, ce n’est du tout le discours que tient Elif Shafak : son Lait noir oscille plutôt entre Le Deuxième sexe, Une Chambre à soi et Doris Lessing.

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