Les industries de l’image

Les industries de l’image

Monique Dagnaud (La vie des idées) sur le “bonheur cinéphile” de la France, des Etats-Unis et des Indes:

Les images ont une envergure politique. Les nations se sont constituées à travers des récits véhiculés par des langues et aussi au moyen des arts du quotidien, ainsi que le dépeint l’historienne Anne-Marie Thiesse [2]. Les films et les programmes télévisés construisent des fragments d’identités culturelles par lesquelles les entités nationales et régionales se mettent en scène et nouent des regards croisés. Par-delà leurs institutions politiques, les nations (ou les régions) s’exposent dans l’espace public mondial à travers un prisme ciselé par les industries de l’image. Certes, aucune pureté culturelle n’existe dans un monde d’échanges, et le métissage et les emprunts réciproques sont à l’œuvre dans une culture mondialisée ; le caractère national des œuvres mérite parfois discussion dans une activité économique qui recourt à des capitaux d’origines hétérogènes et qui, presque toujours, réunit pour un même projet des auteurs, des réalisateurs et des acteurs d’horizons fort divers : et pourtant, les films et téléfilms plongent leurs racines dans des identités géographiques et sociétales. Très souvent, ils « expriment » une société particulière.

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