Etre ou ne pas être cyberdépendante ?

Etre ou ne pas être cyberdépendante ?

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Difficile pourtant de dégager un profil type de l’internaute cyberdépendant. “Autrefois, il s’agissait majoritairement d’hommes âgés de 25 à 35 ans (…). Maintenant, il semble y avoir une certaine parité entre les hommes et les femmes”, observe le psychologue canadien Jean-Pierre Rochon. Dans son ouvrage sur Les Accros à Internet, le créateur du site psynternaute.com précise que les adolescents sont proportionnellement plus nombreux à souffrir de troubles obsessionnels que les adultes.

Malgré cela, rares sont les études consacrées exclusivement à la cyberdépendance. Les plus sérieuses, publiées en Asie et aux Etats-Unis dès le milieu des années 1990, se fondent sur le résultat de tests, généralement accessibles en ligne. Le premier de ces questionnaires, mis au point par le docteur Kimberly Young en 1994, se présente sous la forme d’un questionnaire à choix multiples (QCM) en vingt points. Alain Dervaux accepte de m’y soumettre. Avec un résultat de 57 sur 100, je me classe dans la catégorie des usagers abusifs, mais curables.

“Le problème de ces tests, c’est qu’ils s’appuient sur des critères trop larges pour évaluer précisément la cyberdépendance d’un individu”, tempère mon docteur. Pour la plupart des internautes, et j’en fais partie, le Web agit plutôt comme une drogue douce. Socialement obligatoire mais rarement néfaste pour la santé, c’est avant tout un instrument de liberté.

Dans le pire des cas, il agit comme un accélérateur de narcissisme. Comme le précise mon docteur, “tout en offrant l’anonymat, Internet permet de diffuser une projection de soi contrôlée, valorisée, sculptée et optimale. Rompre avec ce miroir, c’est se couper de la meilleure partie de soi-même. Un processus d’autant plus douloureux, narcissiquement, qu’on s’exclut de la communauté des internautes”. Mais Alain Dervaux en est convaincu, “ce sentiment de frustration dont vous m’avez parlé finirait par se dissiper si vous prolongiez l’expérience”.

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