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Monthly Archives: October 2009

Zak Smith in Conversation With Alexandros Vasmoulakis

90% of my street work has been made in Athens/Greece. The political and social situation there is pretty loose and that gives room for anomie of all sorts. It is not necessary to get a permission to paint in the public domain.

Zak Smith: First–for the people who don’t know–who are you, where are you from?

Alexandros Vasmoulakis: My name is Alexandros Vasmoulakis, I was born in Athens, Greece in 1980 and studied painting at the university. Currently I live in Berlin.

Smith: Like a lot of early 20th century artists like Balthus or Modigliani, your work almost always features these people who have a certain kind of face.  This sort of dark, kind of deep-eyed faces–like Kafka’s family or something.  Where do these faces come from?  Are they Greek faces?

Vasmoulakis: The process starts first of all by ripping pages from magazines, collecting fragments of other faces, mostly from glamorous ads.

The next step is the selection of the proper elements (mouths, eyes, noses) and the mix of them with my own drawing.

Actually it is a collage but it is not that obvious in the final project because it is all made just with ink and acrylic. The very first idea is to create something through the destruction of something else.

Smith: You use a lot of techniques associated with commercial art and illustration, but you pervert them away from their original purpose and message.  A lot of artists do that, but then they usually pervert it towards some other message.  It almost seems like, instead of trying to show the audience a simple, understandable, message–like advertisements and most fine art–you’re trying to destroy the idea of a simple message and just leave people with a picture.  Is that right?

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Gaza thirsts as sewage crisis mounts

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Gaza’s aquifer and only natural freshwater source is “in danger of collapse,” the UN is warning.

Engineers have long been battling to keep the densely populated strip’s water and sewage system limping along.

But in September the UN Environment Programme warned that damage to the underground aquifer – due to the Israeli and Egyptian blockade, conflict, and years of overuse and underinvestment – could take centuries to reverse if it is not halted now. Monther Shoblak, director of Gaza’s Coastal Municipality Water Utility, sniffs the air at the Beit Lahia water treatment plant and smiles.

“I’m happy when I smell sewage,” he jokes, “it means the turbines are working.”

Propellers are agitating the frothy sludge in one of the lagoons, aerating it to help bacteria digest it.

He says the machinery sometimes falls silent during the power cuts that plague most of Gaza.

But the mirror-smooth pond next to it is a perpetual concern.

The plant is handling twice its capacity and is only able to partially treat the sewage.

Lagoons designed to allow treated clean water to infiltrate through Gaza’s sandy soil back down into the aquifer are instead funnelling sewage straight back into the groundwater

In addition, with several years of drought and the digging of hundreds of illegal, unregulated wells, the UN Environmental Programme says at least three times more water is extracted than is replenished each year.

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100 years of futurism: from “The Art of Noises” (L’Arte dei Rumori) by Luigi Russolo

To excite and exalt our sensibilities, music developed towards the most complex polyphony and the maximum variety, seeking the most complicated successions of dissonant chords and vaguely preparing the creation of musical noise. This evolution towards “noise sound” was not possible before now. The ear of an eighteenth-century man could never have endured the discordant intensity of certain chords produced by our orchestras (whose members have trebled in number since then). To our ears, on the other hand, they sound pleasant, since our hearing has already been educated by modern life, so teeming with variegated noises. But our ears are not satisfied merely with this, and demand an abundance of acoustic emotions.

 

 

L’Europe, une passion turque

L’écrivain turc publie «D’autres couleurs», un recueil d’essais, et parle des rapports intenses et conflictuels entre son pays et l’Europe par Orhan Pamuk prix Nobel de littérature 2006

Le Nouvel Observateur.Vous avez grandi à Istanbul, dans une famille bourgeoise occidentalisée. Pour vous, c’est l’Occident qui a inventé le roman, l’art selon vous le mieux apte à dire le monde. Comment avez-vous concilié votre passion pour le roman occidental et votre héritage turc ?
Orhan Pamuk. – Maintenant que les années ont passé, le moment est venu de revenir sur ma jeunesse, lorsque je formulais des théories sur ma double identité turque et européenne et sur l’enrichissement mutuel qu’étaient censés représenter, aux yeux de nombreux intellectuels turcs, les échanges entre ces deux traditions. Mon enthousiasme d’antan a malheureusement décliné : non seulement mon enthousiasme politique, mais aussi culturel pour cette affirmation spectaculaire d’une double identité. Pourquoi ? Parce que, lorsque j’ai développé ces idées, vers l’âge de 25 ans, avant de les exprimer plus tard dans mes livres, la Turquie était à l’époque un pays très introverti, tout comme moi ! J’ai visité la Suisse quand j’avais 7 ans, mais je ne suis ressorti de Turquie qu’à l’âge de 33 ans. En ce sens, j’étais un Turc typique : provincial, vivant en autarcie et satisfait de mon sort. Mais c’est justement ce provincialisme qui me faisait rêver de l’Europe, comme mon père avant moi, comme Dostoïevski, Tanizaki et tant d’autres dans leur jeunesse. Une Europe imaginaire, idéalisée, que j’essayais de rendre palpable par mes livres et mes réflexions, et qui a nourri après une lente maturation «le Livre noir», «le Château blanc» et par-dessus tout «Mon nom est Rouge». Je réfléchissais sans cesse à ces rapports entre Turquie et Europe, toujours ? en dramatisant leurs différences, ce qui m’a aussi permis de mieux saisir mon identité turque. Mais si j’y rendais hommage à notre tradition culturelle, je célébrais aussi le caractère inévitable de l’occidentalisation. Aujourd’hui, je vois les choses différemment. Tout d’abord, la Turquie n’est plus aussi provinciale : elle est sortie de son placard, elle a fait son coming-out, si j’ose dire. Et elle est sur toutes les lèvres, car elle représente un défi pour l’Europe en l’obligeant à définir sa propre identité, qu’elle finisse ou non par entrer dans l’Union européenne. La Turquie est devenue plus visible, exhibant ses beautés comme ses zones d’ombre, qu’il s’agisse des violations des droits de l’homme, du traitement infligé aux Kurdes (malgré des progrès notables) ou du rapport problématique à son histoire passée. Ce pays naguère fermé connaît une évolution lente mais tangible. Les jeunes générations sont plus perméables à l’Europe, voyagent beaucoup plus à l’étranger. Je n’ai donc plus autant besoin de promouvoir l’Europe comme construction ou réalité culturelle, car elle est bien présente, même si tous les Turcs n’y voient pas un idéal.

N. O.– Dans «D’autres couleurs», vous dites que la schizophrénie culturelle rend intelligent...
O. Pamuk. – J’ai été nourri de Borges, de Calvino, de Kundera, de Naipaul, plus tard de Paul Auster… Mais je lisais aussi les mystiques musulmans du XIIe siècle, «les Mille et Une Nuits», la poésie ottomane… Et dans mon oeuvre j’ai mélangé tout cela de façon éhontée ! Du coup, mes ennemis en Turquie m’ont traité de postmoderne, ce qui pour eux était une insulte. On m’accusait de manquer de respect envers notre tradition. Or ce sont justement mes antinomies qui ont fait mes livres. La créativité, dans l’art et la culture, consiste à associer deux choses différentes et jusque-là séparées, ce qui représente un défi lancé à la tradition, aux pères, à toute autorité, qu’elle soit esthétique, intellectuelle et universitaire, politique ou religieuse. Ce geste dégage toute l’énergie et la tension d’une décharge électrique, et c’est ce que j’ai tenté de faire dans «le Livre noir» ou «Mon nom est Rouge». Cela m’a enrichi, mais m’a aussi donné l’assise nécessaire pour me réapproprier la tradition culturelle islamique, dans une démarche laïque et littéraire, en éludant sa dimension strictement religieuse, donc sans la mettre sur un piédestal comme le font les fondamentalistes. Et cela m’a permis de toucher le lectorat turc, qui tend à négliger cet héritage culturel. Ma démarche a donc des implications politiques. Mais toutes les cultures font de même : il faut sans cesse réinventer la tradition à la lumière de la modernité pour ne pas l’oublier. ()